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![]() Les Rapports de Voisinage |
Il faut accepter les inconvénients normaux du voisinage. Mais cette tolérance a des limites: on n'a pas à souffrir un préjudice causé par la malveillance, la mauvaise foi ou la maladresse grossière de son voisin. C'est
ce qu'affirme le Code civil du Québec. Il définit d'ailleurs ce qui est
acceptable de façon à ce que les relations entre voisins soient le plus
civilisée possible. |
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Les
limites de votre propriété et le bornage Les
limites de votre propriété sont déterminées par les titres de propriété,
les plans cadastraux et la démarcation du terrain. Cette démarcation est
généralement indiquée par les repères que l'arpenteur-géomètre a
plantés aux extrémités du terrain et qui portent son nom et son numéro
matricule. En pratique, les repères indiquant donc les limites d'une
propriété. Le
piquetage correspond à l'opinion d'un arpenteur-géomètre quant aux
limites d'une propriété, opinion qu'il s'est formée à la suite,
notamment, d'un arpentage, d'une étude des titres de propriété ainsi
que du cadastre. C'est cette opinion, entre autres, qui est exprimée dans
le certificat de localisation que vous obtenez lors de l'achat d'une
propriété. Le
piquetage n'a pas la même valeur légale que le bornage. Si vous ou votre
voisin croyez que le piquetage ne reflète pas les limites de vos propriétés
respectives, chacun de vous peut obliger l'autre au bornage de la ligne séparant
vos deux propriétés. Trois
situations peuvent se présenter. Première
situation Vous
et votre voisin vous entendez sur la nécessité d'un bornage et vous vous
mettez d'accord sur le choix d'un arpenteur-géomètre. L'arpenteur-géomètre
vous entendra tous les deux ainsi que vos témoins; il entendra aussi vos
avocats si vous en avez. Puis, il étudiera le cadastre, analysera les
titres de propriété des deux parties - au besoin en remontant au siècle
dernier et en étudiant les limites des propriétés voisines.
L'arpenteur-géomètre dressera alors un rapport de ses opérations qu'il
terminera par ses conclusions quant à la limite commune de vos deux
propriétés. Si
vous acceptez tous les deux les conclusions du rapport, l'arpenteur-géomètre
vous convoque à l'abornement, c'est-à-dire à la pose des repères.
C'est votre choix d'y assister ou non. Ensuite, l'arpenteur-géomètre rédige
le procès-verbal de bornage qui sera inscrit au registre foncier. Vous
et votre voisin vous partagerez à parts égales la facture de
l'arpenteur-géomètre. Deuxième
situation Vous
et votre voisin vous êtes mis d'accord sur la nécessité d'un bornage et
sur le choix d'un arpenteur-géomètre mais vous ne vous entendez pas sur
les conclusions du rapport. C'est
le tribunal qui devra alors décider de la ligne de séparation de vos
deux propriétés. Au Québec, c'est la Cour supérieure qui a compétence
pour ce genre de cause. Les parties doivent remettre le rapport au greffe
de la cour accompagné d'une déclaration des prétentions de chacun. Étant
donné la complexité des causes de ce type, les propriétaires font généralement
appel à des avocats et doivent souvent supporter de longs délais et
assumer des frais plus ou moins élevés, selon les circonstances. La
décision du tribunal rendue, les frais de bornage sont partagés également
entre les deux parties. Troisième
situation Votre
voisin refuse le bornage. Vous
devez lui envoyer une mise en demeure de consentir au bornage. Vous pouvez
agir seul ou retenir les services d'un avocat. La
mise en demeure se fait au moyen de l'envoi d'un avis contenant: ·
un
énoncé de la demande et de ses causes; ·
la description des terrains en cause; ·
le nom et l'adresse de l'arpenteur-géomètre que vous suggérez
pour effectuer le bornage; ·
l'information qu'un accord sur le droit au
bornage et sur le choix d'un arpenteur-géomètre doit être conclu dans
les quinze jours suivants à défaut de quoi vous porterez votre demande
devant le tribunal. Si,
après avoir reçu la mise en demeure, le voisin consent au bornage et
s'etend avec vous sur le choix d'un arpenteur-géomètre, les choses se dérouleront
comme on l'a décrit dans la Première situation ou dans la Deuxième situation. Si,
malgré la mise en demeure, le voisin refuse toujours le bornage, vous
portez votre cause devant la Cour supérieure et c'est le tribunal qui mènera
l'affaire du début à la fin. |
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LE
BON VOISINAGE, UNE FOULE DE PETITES ATTENTIONS ! Le
bon voisinage, comme la politesse, est fait d'une foule de petites choses.
En voici quelques-unes. L'accès
à la propriété d'autrui Vous
devez permettre à votre voisin l'accès à votre propriété s'il a
besoin de passer par chez vous pour faire une construction ou pour
effectuer des réparations. Cependant, le voisin doit au préalable vous
en aviser de vive voix ou par écrit. De plus, il est tenu de réparer
toute détérioration qu'il pourrait causer et de remettre votre propriété
dans l'état où elle était avant le début des travaux. Les
meilleurs voisins ne sont pas à l'abri des mésaventures. Certains
incidents échappent à la volonté humaine: le vent peut emporter un toit
sur le terrain voisin; un bœuf peut sauter plusieurs clôtures et se
retrouver chez le troisième
voisin. Dans ces cas-là, si le propriétaire du terrain où se retrouvent
les biens, objets ou animaux, ne procède pas lui-même immédiatement à
leur restitution, il doit permettre qu'on les recherche et qu'on les récupère.
Ces biens dispersés continuent d'appartenir à leur premier propriétaire,
sauf s'il en abandonne la recherche; dans ce cas, le propriétaire du
terrain en devient propriétaire. Si cette dernière solution ne lui
convient pas, le propriétaire du terrain peut contraindre le propriétaire
des biens à les enlever et à remettre son terrain dans son état antérieur. |
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L'empiétement Il
peut arriver qu'une personne érige de bonne foi une construction sur une
parcelle de terrain qui appartient à son voisin. Si c'est votre cas,
sachez que votre voisin peut vous demander soit de lui acheter la parcelle
de terrain soit de lui verser, pour la période pendant laquelle la
construction reste érigée,
une indemnité pour la perte temporaire de l'usage de cette parcelle. Si l'empiétement sur son terrain est considérable ou qu'il a été fait de mauvaise foi, le voisin peut vous contraindre soit à acquérir le terrain et à lui en payer la valeur soit à enlever la construction et à remettre les lieux dans leur état initial. |
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Le
droit de vues Être
bien chez soi signifie aussi être à l'abri des regards indiscrets des
voisins. C'est pourquoi le Code civil impose le respect de certaines
distances concernant les fenêtres ou toute autres ouverture. Ainsi, vous
ne pouvez avoir de «vues directes», c'est-à-dire des fenêtres ou des
portes à verre transparent, à moins de 1,50 mètre de la ligne séparant
votre terrain de celui du voisin. Cette règle ne s'applique pas lorsqu'il
s'agit de vues sur la voie publique ou sur un parc public, ou lorsqu'il
s'agit de portes pleines ou à verre translucide (qui ne permet pas de
distinguer nettement les objets). |
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Le
droit de passage Il
arrive qu'un propriétaire n'ait aucun accès à la voie publique ou que
cet accès soit insuffisant ou impraticable. Si c'est votre cas, vous
pouvez demander à un voisin de vous accorder un droit de passage contre
versement d'une indemnité proportionnelle au préjudice que vous pouvez
causer. Cependant, vous devrez quand même entretenir l'endroit où vous
passez de façon à causer le moins de dommages possible. En
cas de refus de la part du voisin, vous pouvez vous adresser au tribunal. |
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L'écoulement
des eaux du toit Vous devez vous assurer que l'eau, la neige et la glace qui s'écoulent de votre toit tombent sur votre terrain et non sur celui du voisin. Au besoin, le voisin pourra notamment vous forcer à installer une gouttière qui emmènera l'eau sur votre terrain. |
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Le
droit de clôture Vous
pouvez clore votre terrain comme vous le voulez, au moyen de murs, de fossés,
de haies, de barrières ou de toute autre clôture. Si la clôture se
situe entièrement sur votre terrain, c'est-à-dire qu'elle ne se situe
pas sur la ligne séparative de deux terrains voisins, vous en êtes complètement
ou maître quant à la nature, à la hauteur, à la couleur ou aux matériaux
utilisés. Vous devez néanmoins vous conformer aux normes établies par
la municipalité à ce sujet. Par
ailleurs, vous et votre voisin pouvez vous entendre pour installer sur la
ligne séparative de vos deux terrains une clôture mitoyenne (voir plus
bas) dont vous vous partagerez les frais. Vous déciderez alors ensemble
de la nature de la clôture, des matériaux à utiliser et des accessoires
à ajouter. Cependant,
nous dit le code, cet «ouvrage de clôture» doit tenir compte «de la
situation et de l'usage des lieux» (Code civil du Québec, article 1002)
: on n'installe pas une clôture à vaches dans un quartier où les autres
propriétaires ont planté des haies d'arbustes. il va sans dire que les
normes établies par la municipalité s'appliquent ici aussi. Même si votre voisin est réticent, vous pouvez l'obliger à installer à frais partagés un ouvrage de clôture sur la ligne séparative de vos terrains. Mais essayer d'abord de vous entendre avec lui. |
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La
mitoyenneté Même
s'il n'a été érigé que par un seul propriétaire, un ouvrage de clôture
qui se trouve sur la ligne séparative de deux terrains est présumé
mitoyen, c'est-à-dire qu'il est présumé propriété commune aux deux
propriétaire voisins. Est
aussi présumé mitoyen un mur commun à deux bâtiments et qui les sépare.
Lorsque deux bâtiments sont de hauteur inégale, la loi présume que la
mitoyenneté de mur cesse là où s'élève le moins haut des deux bâtiments. L'entretien,
la réparation et la reconstruction d'un mur mitoyen sont à la charge des
deux propriétaires voisins. Vous pouvez abandonner votre droit sur le mur
et ainsi vous libérer de votre obligation de contribuer aux charges en
produisant un avis en ce sens au bureau de la publicité des droits (appelé
auparavant «bureau d'enregistrement»). Vous devez transmettre une copie
de cet avis à l'autre propriétaire. Cet avis implique, pour vous, que
vous renoncez à faire usage du mur. |
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Les
arbres Il
peut arriver que les branches et les racines d'une de vos arbres
s'avancent chez le voisin et lui nuisent sérieusement. Dans ce cas, le
voisin peut vous demander de couper ces branches ou ces racines; en cas de
refus de votre par, il peut vous contraindre à agir par le biais d'un
injonction à la condition de vous avoir d'abord fait parvenir une mise en
demeure. Enfin, si votre arbre menace de s'écraser sur la propriété d'à
côté, le voisin peut, de la même façon, vous contraindre à abattre
l'arbre ou à le redresser. Si
vous plantez des arbres sur votre terrain, il faut éviter de les placer
en-dessous des lignes de transport d'électricité ou de téléphone ou
au-dessous des câbles ou des tuyaux qui sont enfouis dans la terre. Il
faut aussi planter les arbres à bonne distance de la terre. Il faut aussi
planter les arbres à bonne distance de la ligne séparative du terrain du
voisin afin qu'il ne soit pas incommodé par des arbres devenus trop gros. |
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Le
bruit Vous
ne pouvez pas déranger vos voisins par un bruit intolérable. Plusieurs
municipalités ont d'ailleurs établi le nombre de décibels à ne pas dépasser
sous peine d'amendes. ainsi, vous pourriez être interpellé si le
ronronnement continu et excessif d'un système de ventilation ou d'une
thermopompe empêche vos voisins de dormir. De même, si votre chien aboie
à tout propos ou hurle à mort tous les soirs, on pourra exiger que vous
le fassiez dresser ou que vous en débarrassiez. |
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La
forme masculine utilisée désigne aussi bien les femmes que les hommes.
1er trimestre 2000.
Québec - Ministère de la Justice |